D'où viennent nos données sur l'eau du robinet
Sources, périmètre, règles de classification et limites. Tout ce qu'il faut savoir avant de citer un chiffre publié sur ce site.
Pourquoi ces pages existent
La qualité de l'eau potable est une donnée publique. Elle est produite par les Agences Régionales de Santé dans le cadre du contrôle sanitaire obligatoire, et diffusée en open data via Hub'Eau (Eaufrance), le portail national des données sur l'eau.
J'ai développé le module « eau potable » de Recosanté, le service public d'information sur l'environnement — le code est ouvert et consultable sur GitHub. Je savais donc que cette donnée existait, qu'elle était fiable, et qu'elle était exploitable à l'échelle nationale.
J'ai saisi l'occasion d'en proposer une lecture d'ensemble. Les données de Hub'Eau sont accessibles réseau par réseau : très utile quand on sait ce qu'on cherche, beaucoup moins quand on veut savoir ce qui se passe à l'échelle du pays. Ces pages font ce travail d'agrégation — et chaque commune de France dispose de sa propre page détaillée.
Méthode
Source
API Hub'Eau « Qualité de l'eau potable » (Eaufrance / Office français de la biodiversité), qui rediffuse les résultats du contrôle sanitaire des ARS. Aucune donnée n'est produite ni estimée par nos soins.
Périmètre et fraîcheur
Les 12 derniers mois de prélèvements pour chacun des réseaux de distribution référencés, resynchronisés automatiquement chaque nuit. L'analyse la plus récente dont nous disposons date du 30 juin 2026. L'écart avec la date du jour n'est pas un retard de notre part : les ARS publient sur Hub'Eau avec environ deux mois de décalage. Nous affichons l'analyse la plus récente réellement disponible, jamais une estimation.
Comment les communes sont classées
Chaque analyse est accompagnée d'une conclusion sanitaire rédigée par l'ARS. Nous appliquons à ce texte officiel brut une règle de détection déterministe, qui recherche des expressions précises et ignore les occurrences niées (« absence de coliformes » ne déclenche rien). Par exemple :
- Déconseillée aux femmes enceintes et nourrissons — la conclusion met en garde (« déconseill… », « à éviter pour », « ne pas utiliser cette eau ») un public sensible (« femmes enceintes », « nourrissons », « populations sensibles »).
- Interdiction de consommation — « interdiction de consommation / de consommer », « ne pas consommer l'eau ».
- Pesticides — « pesticide », « phytosanitaire », ou le nom d'une molécule ou d'un métabolite recherché.
Cette classification est une fonction pure, sans intelligence artificielle : les mêmes textes donnent toujours les mêmes résultats, et la règle est auditable. Les conclusions que nous affichons sont reprises mot pour mot du contrôle sanitaire : aucun modèle de langage n'intervient, ni dans les chiffres publiés ici, ni dans les textes cités.
Ce que nous ne classons pas — et pourquoi
Environ 14 % des analyses reçoivent au moins une étiquette. Ce n'est pas un défaut de couverture : notre classification signale des exceptions, pas la totalité des prélèvements. La réglementation distingue en effet deux familles de critères :
- Les limites de qualité — les seuils sanitaires. Un dépassement engage la santé et déclenche presque toujours une consigne.
- Les références de qualité — des indicateurs de bon fonctionnement (température, conductivité, fer, matières organiques). Un dépassement est signalé à l'exploitant, mais l'eau reste potable.
La formule la plus fréquente du contrôle sanitaire est précisément « conforme aux limites de qualité et non conforme aux références de qualité » : administrativement non conforme, sanitairement sans conséquence. Ces analyses ne reçoivent donc aucune étiquette de restriction, et c'est le comportement attendu. Restent quelques milliers de conclusions qui signalent une non-conformité sanitaire sans nommer le paramètre en cause : celles-là nous échappent, faute d'information dans le texte.
Limites
Trois limites doivent être connues avant toute citation de ces chiffres :
- C'est un instantané. Seule la dernière analyse connue de chaque réseau est retenue. Une commune concernée en mars mais revenue à la normale aujourd'hui n'apparaît pas : ces chiffres sous-estiment le nombre de communes touchées au cours de l'année.
- Le rattachement commune / réseau est géographique. Une commune est reliée au réseau dont le périmètre contient son centre. Une commune desservie par plusieurs réseaux n'est donc représentée que par l'un d'eux.
- Le classement porte sur le texte, pas sur les mesures. Nous classons la conclusion sanitaire rédigée par l'ARS, pas les valeurs analytiques elles-mêmes. Une conclusion formulée de façon inhabituelle peut échapper à la détection.
Réutiliser ces données
Chaque page de risque publie la liste complète des communes concernées, téléchargeable au format CSV : commune, département, population, date de la dernière analyse et lien vers le détail. Les données d'origine sont diffusées sous Licence Ouverte.
Vous pouvez les réutiliser librement ; un lien vers la page correspondante est apprécié. Pour toute question de méthode, la page de contact est en bas de site.