Si vous vivez avec un SOPK, ou si quelqu'un dans votre entourage en a un, vous avez peut-être entendu cette nouvelle : le syndrome des ovaires polykystiques a officiellement changé de nom. Depuis mai 2026, on parle de syndrome d'origine ovarienne polyendocrinien et métabolique (PMOS, pour polyendocrine metabolic ovarian syndrome en anglais).
Pourquoi ce changement est important? Pourquoi il a lieu maintenant? Qu’est ce que ça va changer pour vous? Je vous explique tout ici.
Petit rappel
Une femme sur 8/ 10 en moyenne est atteinte de SMOB / SOPK et c’est la première cause d’infertilité féminine en France.

D'où vient ce changement
Ce n'est pas une décision prise à la légère: la nouvelle nomenclature a été annoncée dans une publication du Lancet le 12 mai 2026, une des revues scientifiques les plus prestigieuses au monde.
Quelques chiffres pour situer l'ampleur : 56 organisations professionnelles et de patientes ont participé, 22 000 personnes ont répondu aux enquêtes mondiales, dont 14 360 personnes vivant avec la condition, aux côtés de professionnels de santé multidisciplinaires de toutes les régions du monde.
Pourquoi changer un nom centenaire
La description fondatrice du syndrome date de 1935, lorsque les gynécologues américains Irving Stein et Michael Leventhal publient une série de 7 patientes présentant la triade aménorrhée + hirsutisme + ovaires hypertrophiés. Ces ovaires apparaissaient agrandis et parsemés de petites structures que la médecine de l'époque qualifiait de 'kystes', un terme déjà utilisé depuis le 19e siècle.
Ainsi, le nom ‘SOPK’ est scientifiquement inexact, puisque nous savons depuis des années qu’il ne s'agit pas de kystes au sens médical du terme.
Ce sont en fait des follicules ovariens immatures qui s'accumulent parce que l'ovulation ne se produit pas correctement. Un kyste, en médecine, c’est une cavité anormale remplie de liquide qui peut être pathologique. Les follicules en cause dans le SMOB sont des structures physiologiquement normales présentes en quantité ou avec une dynamique altérée.
Or, le nom focalise sur les ovaires alors que la condition du SOPK / SMOB est systémique, ce syndrome implique plusieurs systèmes :
- Le système endocrinien (hyperandrogénie, résistance à l'insuline)
- Le système métabolique (risque accru de diabète de type 2)
- La peau (acné, hirsutisme, alopécie de pattern féminin)
- La santé mentale (anxiété, dépression, troubles du comportement alimentaire)
- Le système reproductif (anovulation, infertilité)
Les conséquences concrètes d'un mauvais nom
On pourrait penser que le nom est sans importance, mais quelques constats nous donnent une tendance contraire. Ainsi :
- 70% des personnes atteintes ne sont pas diagnostiquées, selon l'OMS. Une partie de cette sous-reconnaissance est attribuée au nom lui-même.
- Ce syndrome est une condition métabolique qui persiste bien après nos années de reproduction, c’est pourquoi l est important de ne pas le restreindre à l’aspect gynécologique uniquement.
- Pour un tiers des femmes, le diagnostic prend plus de deux ans après les premiers symptômes, et elles ont besoin de consulter 3 professionnels ou plus. Cela montre que ce syndrome est encore mal compris, et le nom a possiblement influencé la situation.
- La recherche elle-même est impactée : si une maladie est étiquettes comme gynécologique, elle reçoit moins de financements pour la recherche métabolique, cardiovasculaire ou psychiatrique. Or c'est aussi dans ces domaines que les femmes ont besoin de réponses.

Ce qui ne change pas
Les critères diagnostiques restent les mêmes : ceux de Rotterdam 2003, confirmés par les guidelines internationales 2023. Diagnostic posé si au moins 2 de ces critères sont présents : (1) hyperandrogénie clinique/biochimique, (2) dysfonction ovulatoire, et (3) morphologie ovarienne polykystique à l'échographie pelvienne ou taux élevé d'AMH. Chez les adolescentes, on exige hyperandrogénie + dysfonction ovulatoire (donc critères 1 et 2), et ni l'échographie ni l'AMH ne sont recommandées en raison de leur faible spécificité à cet âge.
La maladie n'a pas évolué, c'est juste son nom. Les mécanismes physiopathologiques, les traitements, les recommandations de mode de vie restent inchangés. Si vous preniez de la metformine ou de l’inositol pour votre SOPK, ces traitements continuent (à voir avec votre médecin) . Si vous suiviez un régime à IG bas, cela reste pertinent.
Pourquoi ce nouveau nom?
"Polyendocrine metabolic ovarian syndrome" : ces termes peuvent sembler peux amicaux ou simplement totalement abstraits, pourquoi ce choix?
Le nom permet de :
- Refléter la multiplicité hormonale de la condition (poly-endocrine)
- Reconnaître la dimension métabolique centrale (résistance à l'insuline, risque diabète)
- Conserver la dimension ovarienne pour ne pas perdre la continuité avec l'identité médicale existante
- Éviter la stigmatisation liée au mot "kyste"

Ce que ça signifie pour vous si vous vivez avec un PMOS
Concrètement :
- Le terme SOPK coexistera dans le langage courant pendant longtemps. Même après la transition qui durera 3 ans.
- Vous pouvez profiter du changement pour réévaluer votre prise en charge. Si votre suivi médical actuel correspond à un suivi gynécologique annuel sans bilan métabolique, c'est peut-être le moment de refaire le point avec votre médecin (bilan glycémique ? bilan lipidique ? TSH ? HOMA-IR ?). Le PMOS demande une approche multisystémique.
Pour aller plus loin
L'article fondateur du changement de nom :
Teede H, Khomami M, Morman R et al.
The Lancet, 2026; 0
Les guidelines cliniques de référence de 2023 :
Teede HJ, Tay CT, Laven JJE, Dokras A, Moran LJ, Piltonen TT, Costello MF, Boivin J, Redman LM, Boyle JA, Norman RJ, Mousa A, Joham AE. Recommendations From the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2023 Sep 18;108(10):2447-2469. doi: 10.1210/clinem/dgad463. PMID: 37580314; PMCID: PMC10505534.
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